Les nouvelles en provenance
de quatre coins périphériques de deux territoires de Beni et de Lubero rapportent un afflux des clandestins armés dont certains portent déjà l’uniforme de l’armée congolaise. Ces derniers
tuent tous ceux qui leur opposent une résistance, réduisent en esclaves le reste de la population congolaise locale. Ce qui est étonnant est que les discours officiels du gouvernement
de Kinshasa et de la Monuc ne font pas mention de cette présence militaire qui menace sérieusement l’intégrité du territoire national congolais. Aussi, on constate que l’effet FDLR a
perdu de son tranchant, un signe que quelque chose de nouveau se trame à l’Est de la R.D.Congo. Les faits qui ne trompent pas sont nombreux et les motions de défiance contre X et Y au sein
des assemblées provinciales semblent être une façon de distraire ces honorables avec autre chose que leur mission première de se faire la voix de leurs électeurs. En effet, les graves
violations des droits humains ainsi que les dénonciations de l’occupation de certains villages de l’espace Beni-Lubero par des clandestins armés, n’a jamais fait l’objet d’une enquête
parlementaire même formelle. Au Nord et au Nord-Est de Beni-Lubero, plus précisément dans les localités de Biakato, Kisiki, Kainama, Eringeti, et Kamango, plusieurs sources
concordantes font état de l’afflux quotidien d’hommes lourdement armés en provenance de l’Ouganda via Boga et de Tundu en Ituri. Un premier campement des Nilotiques armés est signalé
dans la localité de Boga en Ituri. Dans les localités ci-haut citées, ces clandestins lourdement armés ne rencontrent pas de résistance d’une armée ou d’une police congolaise. Au
contraire, ils se comportent en maîtres, tuent ou chassent de ces localités toute personne qui se présente comme agent de l’Etat congolais ou celui qui s’oppose à leur présence. Les
autorités locales auraient déjà été informées par les chefs coutumiers du coin mais les plus honnêtes d’entre elles disent tout simplement que c’est un problème qui les dépasse. Un
autre fait qui n’étonne personne est le fait que des contingents de la Monuc font des va- et- vient dans ces localités occupées sans qu’aucune dénonciation de cette présence indésirable ne
suive. Les habitants de Kamango dont le chef coutumier avait réussi à négocier le départ des militaires ougandais la veille de Noël 2009 étaient surpris par l’arrivée des clandestins
rwandais deux jours après l’arrivée de la Monuc qui s’était invitée à Kamango sous prétexte de diligenter une enquête sur l’invasion ougandaise. A l’Ouest de Beni-Lubero, notamment
dans la localité minière de Bandulu située à 160 km de la ville de Butembo et à 60 km de Manguredjipa-Centre, en Territoire de Lubero, les rescapés parvenus à Butembo racontent le
calvaire de la population congolaise de Bandulu. Notez que Bandulu était attaqué nuitamment par les clandestins en uniforme des Fardc nouvelle formule la veille de Noël 2009. Plusieurs
maisons du village avaient été alors pillées et brulées, envoyant tous les rescapés dans la brousse ou sur la route de l’exil. Mais tenant compte de la consigne des vaillants coutumiers qui
avaient déjà prévenus la population que ceux qui resteraient en brousse pendant longtemps verraient leurs maisons occupées par des rwandais, les habitants de Bandulu étaient revenus malgré
eux sur les ruines de leur village. En effet, cette pratique a réussi jusqu’à présent au Sud du Territoire de Lubero où tous les occupants sont militaires et squattent les casernes
d’avant. Mais à Kamango, les occupants sont non seulement des militaires mais aussi des civils qui occupent des maisons abandonnées par les déplacés congolais, ou ravissent des champs qui
les intéressent, etc. A Bandulu, la situation est tout autre. Les clandestins qui se disent militaires Fardc s’adonnent à l’exploitation de l’or, du coltan, de la
cassitérite, etc. avec comme main d’œuvre gratuite les habitants de Bandulu revenus au village après l’attaque de la veille de Noël pour ne pas perdre leurs maisons. Selon
un rescapé chef d’une carrière d’or de Bandulu parvenu à Butembo et qui s’est confié à notre rédaction, depuis la veille de Noël, les habitants de Bandulu traversent un calvaire sans nom.
Les petits tenanciers des carrières et des comptoirs d’or ont été obligés de vider le camp après avoir été pillé de tout leur capital. Les clandestins armés exigent aussi une taxe sur la
commercialisation d’autres produits vivriers dans les differentes carrières de la localité où ils exercent déjà un quasi monopole. Chaque matin, ces clandestins armés arrêtent des papas,
des mamans, et des enfants pour le transport des minerais et d’autres marchandises de differentes carrières vers les lieux d’écoulement par Hélicoptère ou par camions. Toute personne
qui résiste à ces corvées esclavagistes est fouettée à mort. Les vieux disent que l’esclavagisme en cours est pire que la colonisation belge. Pour se soustraire à cet esclavagisme, Bandulu
risque de se vider de sa population dans les prochains jours. Les bruits des bottes et la colonisation des villages périphériques et régions minières de Beni-Lubero ne
signifient pas que la paix est retrouvée ailleurs dans les villes et les cités. En ville de Butembo, les braquages sont toujours monnaie courante. C’est ainsi que, par exemple, dans
la soirée de la Saint Valentin, c’est-à-dire la soirée du 14 au 15 février, Mr Anicet KAHAMBA, stagiaire à la radio Evangélique de Butembo a été la cible des hommes en armes qui l’ont suivi
chez ses parents où ils l’ont tabassé avant de lui exiger une grande rançon pour sa vie. Tous les biens de valeur ont été emportés par ces inciviques qui courent toujours les rues de
Butembo sans se faire inquiéter. Dans la nuit du samedi 13 au 14 Février, sur la route Butembo-Beni, au niveau de Kabasha, des hommes en armes ont pillé systématiquement un
camion Fuso en partance pour Mambasa ( Ituri). Plusieurs biens ou marchandises de grande valeur, argent, téléphones, etc. ont été emportés par ces malfrats qui selon les rescapés ne
parlaient pas les langues congolaises, à part quelques mots de swahili mélangés à d’autres langues inconnues comme « toa mafalanga » pour vouloir dire « toa pesa ou donner l’argent »,
ou « rara chini » pour vouloir dire «lala chini ou couche-toi par terre », etc. Après le pillage, les malfrats ont passé à tabac toutes leurs victimes, blessant
quelques-unes d’entre-elles. Dans la foulée et en présence de tous les passagers en sanglots, 3 femmes ont été sauvagement violées. Les blessés avaient été dépêchés à l’hôpital pour des
soins appropriés. Les femmes violées quant à elles, suivent des soins de santé appropriés au Centre FEPSI qui s’occupe essentiellement des femmes et filles violées à Butembo. En date
du 02 Février 2010, le village de Mambira, en territoire de Lubero, à quelques kilomètres de la localité de Muhangi-Centre, a été visité nuitamment par des hommes en armes, non
autrement identifiés. Ces derniers ont saccagé le village, piller tous les animaux de la basse-cour. Comme si cela ne suffisait pas, deux personnes ont été découpées à la machette dont
l’une avait succombé peu après à la suite de ses blessures. L’autre victime lutte jusqu’aujourd’hui entre la vie et la mort dans un centre hospitalier de Muhangi. Dans la
nuit du 05 au 06 Février 2010, les hommes en armes, porteurs d’uniformes militaires ont fait irruption dans le village de Kasinzwe, à quelques Kilomètres de Masereka, en Territoire de
Lubero. Plusieurs biens dont des animaux de la basse-cour ont été emportés. Dans la soirée du 04 au 05 Février 2010, Mr MUTSUVA MULYATANGA a été abattu à bout portant par des hommes
en uniforme militaire congolais. Cet homme de 42 ans, a été abattu quand il revenait du champ, dans la localité de Kipese, en territoire de Lubero. En date du 01 au 02 Février, c’est
Samuel Kakule qui était abattu à bout portant dans la même localité de Kipese par des hommes en armes et en uniforme militaire. Ces faits macabres recueillis par notre rédaction ne
représentent pas toute la réalité de l’occupation sanglante de Beni-Lubero qui selon les plus alarmistes ne fait que commencer. Des clandestins armés qui affluent aux quatre coins de
Beni-Lubero ne sont pas des refugiés congolais qui reviennent du Rwanda et de l’Ouganda mais bien des occupants qui se préparent à coloniser la région au profit des multinationales. Les
politiciens peuvent dire des bobards, mais les faits sont là. Il s’agit d’une occupation militaire de la région. D’autres observateurs parlent d’un début de balkanisation. Les occupants
viennent du Rwanda et de l’Ouganda où ils seraient formés par des instructeurs anglais et américains. Leur mission est de contraindre les congolais à accepter le diktat anglo-saxon dans la
région. Le comportement des premiers contingents de cette occupation couverte par la communauté internationale n’augure pas d’un lendemain paisible. Que fait le peuple congolais et
le gouvernement congolais dans tout cela ? Le peuple congolais sans défense est abandonné entre les mains des occupants armés par le gouvernement de Kinshasa qui, selon certaines
autorités locales qui s’expriment sous le sceau de l’anonymat, refuse de donner les moyens de défendre le territoire national. Après l’invasion massive du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de la
Province Orientale par des occupants armés dont personne n’a voulu contrôler le nombre exact, les civils se prépareraient aussi à faire leur entrée au Congo. Pour essayer d’habiller cette
invasion de légalité, les Organismes internationaux présidant à l’invasion du Congo avancent cette fois-ci des chiffres qu’aucune source indépendante ne peut vérifier. Il s’agirait de 89
000 congolais refugiés au Rwanda qui seraient échangés contre 53 000 rwandais refugiés au Congo. Mais comme les provinces frontalières avec le Rwanda sont sous le commandement militaire des
rwandais, cet échange des refugiés est pour plusieurs observateurs le dernier bluff trouvé pour tromper la vigilance des congolais. Comme ce beau jour de mars 2009 quand on organisa une
cérémonie bidon du retour des militaires rwandais de Umoja Wetu au Rwanda, l’échange des refugiés ne viserait que l’entrée à douceur des occupants femmes et enfants pour rejoindre leurs
maris et pères déjà sur le sol congolais. Pour faire échouer cette dernière mascarade de l’invasion du Congo, il est grand temps que les congolais forment un front interne contre le
gouvernement de Kinshasa car c’est lui qui permet l’invasion du pays avec toute sa panoplie des malheurs. La formation de ce front interne est un droit constitutionnel du souverain
primaire. Ainsi, par exemple, les autorités locales qui accusent Kinshasa de leur priver de moyens de défense du territoire national devraient se concerter avec les chefs
coutumiers, les chefs des confessions religieuses, la société civile, les députés provinciaux qui n’ont pas encore vendu leurs âmes au diable, etc. pour organiser une table ronde pour
sauver le pays de l’invasion. Les parlementaires et sénateurs spécialistes des motions d’information ou de défiance contreX et Y, devraient trouver en cette cause de salut public une
matière de motion urgente ! Il y a péril en la demeure, honorables députés et sénateurs !
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